Verbatim croisé entre Laurent Clerc NEC et Anne Chanard, Consultante, à l’occasion du rendez-vous des tendances IT 2011-2012 d’IDC, en Septembre. Proximité métier, Cloud et technologies sont au menu.

Laurent Clerc, NEC

« Nous sommes un constructeur. Forcément en théorie, nous nous appuyons sur des gens comme IDC, Gartner, Forester, pour comprendre les tendances du marché, puisque ce sont eux les analystes.

Ce qui est intéressant, c’est de voir la spécialisation grandissante par secteurs d’activités ou marché verticaux. Nous l’avons remarqué sur d’autres pays, comme les États-Unis, où dans l’IT.  Les clients veulent des solutions adaptées à leurs métiers. L’IT sort de sa boite noire, pour devenir un pan de l’entreprise à part entière qui s’intègre dans la stratégie en général.

Les tendances sont les bonnes, nous les voyons depuis 3-4 ans. Le marché dépend cependant de beaucoup d’éléments : la psychologie du client final, par exemple. Qui va aller dans le Cloud, qui ne va pas y aller ? Qui va externaliser, qui ne va pas externaliser ? Qui va investir ? La technologie est là, ce n’est plus qu’une question d’adoption. Aujourd’hui, la balle est dans la main des clients finaux et plus chez les créateurs des solutions.

Anne Chanard, Consultante

Je pense que pour la démonstration de l’utilité, du ROI, les constructeurs ont fait leur travail. Maintenant il faut s’adresser aux utilisateurs autant, voire plus, qu’aux DSI pour influencer les options. Ce sont les clients finaux qui donnent le tempo.

Nous parlons de spécialisation métiers, de verticaux. Cela veut dire aussi aller vers les lignes de métiers, les business, les différents services de l’entreprise, parler le même discours qu’un commercial, qu’un marketeur, qu’un technicien.

Alors oui, il y a du buzz autour du Cloud, du SaaS. C’est un moyen de relancer le marché, de présenter la même nouveauté sous un jour différent, c’est clair. Maintenant, je crois qu’il faut se rendre compte que le Cloud est surtout un moyen de délivrer un service de manière plus rentable, pour le fournisseur et pour les clients. C’est au niveau du ROI que les arbitrages se font ; bien plus que sur le côté buzz et nouveauté.

Laurent Clerc, NEC

Et les clients sont matures, à ce niveau-là, c’est intéressant. La question du Cloud est : « Est-ce que j’externalise ou non mon IT ? » Donc finalement c’est la même mouvance qu’il y a vingt ans : « Est-ce que j’externalise ma production en Chine, ou pas ? ». La différence c’est qu’à l’époque tout le monde a foncé.

Aujourd’hui, les techniciens IT se demandent s’ils en ont besoin ou pas. Les acteurs du Cloud poussent en disant : « C’est génial, c’est magique ! », mais il faut se rendre compte que les clients y vont tranquillement, en fonction de la stratégie de l’entreprise. Ce n’est pas plus mal au final.

Beaucoup d’offreurs ont besoin de se dire : « Oui,  je sais faire de l’hébergement à la carte, avec du virtuel, du physique, du stockage, de la sauvegarde, et un contrat rien que pour vous ». Ce qui revient à du service extrêmement bien adapté, de proximité. Ce n’est plus trop un problème de technologie, mais plutôt de culture du service, de mise en place du business plan, des personnes et des contrats. C’est aussi aux offreurs et aux hébergeurs de se mettre en ligne avec cela, et de définir clairement s’ils veulent y aller ou non. »