Sandrine Martin-Borret, ingénieur « Profil de Mission » en Recherche et Développement chez PSA-Peugeot-Citroën, témoigne de son intérêt après la rencontre des Mardis du Marketing Prédictif portant sur les enquêtes et sondages.

Quel intérêt ont les enquêtes dans le cadre de votre métier ?

« A la direction de la recherche, notre activité est de faire du dimensionnement des composants et d’un véhicule et d’analyser le comportement de nos clients avec leur véhicule. Typiquement, nous prêtons des engins et nous effectuons des mesures, pour ensuite faire des traitements statistiques et savoir, par exemple, le nombre de fois où ils vont appuyer sur le lève-vitre.

Jusqu’à présent, nous nous reposions exclusivement sur des enquêtes nationales de type Sofres. Mais leurs questionnaires sont partagés, limités en taille et pas du tout spécifique par rapport à nos besoins. L’idée aujourd’hui, pour nous, c’est de construire nos propres sondages, pour répondre à des problématiques spécifiques, autour d’innovations comme l’Hybride, le Stop & Start… Nous avons besoin de nous enrichir et de nous former.

Qu’avez-vous retiré de cette rencontre sur le marketing prédictif et les enquêtes ?

Il y a eu des questions intéressantes autour de l’outil SPAD, qui est très utilisé dans les entités Marketing de PSA. De notre côté, en Recherche et Développement, nous voulons nous approprier le savoir-faire qu’il y a derrière cela et faire nos propres analyses. La présentation m’a permis d’avoir des éléments concrets pour pouvoir construire ces questionnaires. Mais ce n’est qu’un point de départ et le but est de rester en contact (avec les gens de la société Coheris) pour un accompagnement fin sur ce que nous voulons faire.

La proximité est un aspect important ?

C’est un des éléments qui permet d’être plus spécifiques par rapport à nos besoins. Les enquêtes nationales portent en fait sur des données très générales, qui vont avoir trait au marketing, et pas vraiment sur les aspects mécaniques,  ou électriques, sur les utilisations et les usages qu’ont les clients.

Les problèmes que l’on rencontre également aujourd’hui c’est que les questionnaires de ces enquêtes sont longs. Pour intégrer de nouvelles questions, il faut en retirer d’autres, avec des négociations assez lourdes. Au contraire, notre but est d’avoir des questionnaires directement ciblés sur nos besoins, avec des questions précises sur le remorquage, ou sur l’hybride, avec le nombre d’arrêt d’un véhicule…

Le développement de cette proximité en marketing descriptif et prédictif va-t-il permettre à d’autres acteurs au sein des structures d’avoir un rôle à jouer ?

Pour moi, cela va même un peu plus loin que cela. Mon métier est très transversal, avec une position loin en amont : nous nous écartons du marketing au sens large. La satisfaction client, ce n’est pas notre priorité. Ce qui nous intéresse, c’est de savoir combien de fois les clients vont utiliser leur véhicule et « comment » ils vont l’utiliser. Nous allons être en relation avec le Marketing évidemment, mais nos cibles sont suffisamment divergentes pour que nous ayons besoin de faire nos propres études, avec plus de finesse, avec des questions plus spécifiques, moins axées sur le ressenti client et plus sur le comportement. »