CRM et BI tiennent une bonne place dans les prévisions 2012 d’IDC, au côté du Cloud, de la Mobilité et du Big Data. Le tout dans un contexte bien moins sombre que n’a pu le suggérer la médiatisation de la « crise » ces derniers mois.

Quelques pistes ont été lancées sur les grandes tendances IT de l’année 2012 en CRM et BI. Ce vendredi 3 février, les analystes d’IDC ont livré leurs prévisions chiffrées sur les principales évolutions du marché. Le cabinet d’études confirme ses ébauches du début de l’automne.

Tout d’abord, IDC a tenu à rassurer : malgré une certaine morosité, le contexte n’est pas équivalent à ce qu’ont connu les entreprises en 2009. Au contraire, une « économie de l’Intelligence très verticalisée, annoncée par le CIGREF, va se développer » explique Didier Krainc, Directeur Général IDC France. Ses experts  voient effectivement l’émergence depuis 2011 d’une 3e génération technologique, qui succède au cycle mainframe des années 60 et à celui client-serveur de la fin des années 80.

Cette « Third platform » est un changement de dimension, qui englobe les nouvelles logiques du Cloud ou encore du Big Data. Elle ne représente actuellement que 20% du marché mondial de l’IT – d’une valeur de 3400 milliards d’euros. Toutefois, son augmentation annuelle est estimée à 18% : elle prendra donc une part de plus en plus importante alors que la croissance globale du marché doit, elle, rester stable (+6,9% en 2012 contre 7% en 2011).

Comment libérer de l’espace dans des budgets moins souples ?

Dans ce contexte la France est caractérisée par plusieurs points. « Les analystes d’IDC ont pris le parti d’une croissance nulle du PIB en 2012, contrairement aux prévisions politiques qui la chiffre à 0,5% » précise Karim Bahloul, Directeur des Etudes et de la Recherche IDC France. Les investissements des entreprises, qui avaient massivement décru de 12% en 2009, se contenteront d’être stables cette année.

Les budgets ont eux aussi tendances à se stabiliser.

Ils deviennent surtout moins faciles à mobiliser, impliquant une importance croissante de ROI bien définis. A la « panique » de 2009, succède donc plutôt une recherche de la rationalisation (repenser son portefeuille applicatif, ses architectures…) et de projets structurants pour l’entreprise.

Interrogées par IDC sur les solutions envisagées pour poursuivre leur développement, les entreprises de l’IT se prononcent à 40% en faveur d’une pression sur les prix (qui s’accompagne d’une demande plus importante en termes d’innovation, d’automatisation et de virtualisation auprès des prestataires). Afin de financer les projets IT d’entreprise, en libérant de l’espace budgétaire, l’Offshore et le Cloud-SaaS sont cités à égale mesure (33 et 32%). La réduction du nombre de fournisseurs et/ou du nombre de projets ne semble pas vraiment envisagée (17 et 13% des entreprises seulement les mentionnent).

En 2012, beaucoup d’entreprises souhaitent donc se positionner de façon pro-active auprès de leurs clients, en leur proposant par exemple des innovations en termes de contrat, avant même la période de renouvellement.