En 2012, les entreprises ont besoin d’être plus agiles et réactives : cela concerne également leur Business Intelligence. Cette nouvelle BI agile est amenée à coexister avec un BI d’entreprise plus traditionnelle. Pour en tirer le meilleur, encore faut-il que l’entreprise soit capable de dépasser les obstacles d’une organisation en silos.

Une étude de Gartner publiée début 2012 annonçait que la plupart des offres de Business Intelligence ne correspondaient pas vraiment aux besoins des entreprises. D’après le cabinet, les éditeurs ont tout particulièrement  tendance à se concentrer sur le potentiel d’analyse des solutions, alors que d’autres critères pourraient s’avérer beaucoup plus importants pour leurs clients. D’après Gartner, les entreprises s’interrogent sur les rapports entre approche centralisées et décentralisées. Dans le premier cas une équipe à part entière apporte de la cohérence entre les divisions de l’entreprise qui bénéficie toute d’un outil BI global. Les approches décentralisées privilégient au contraire l’agilité et l’accessibilité des solutions qui s’adaptent aux besoins des métiers. Pour les analystes, l’année 2013 sera celle où un équilibre devra être trouvé entre ces deux logiques.

Cet équilibre pose bien sûr la question du positionnement des éditeurs et de leurs solutions sur l’agilité mais relève également de la dimension organisationnelle de l’entreprise. De ce côté, cela fait plusieurs années déjà que les structures en silos* représentent un challenge. L’impact se retrouve à la fois en termes de cohérence et d’agilité pour la Business Intelligence.

Les entreprises expérimentent pour trouver le point d’équilibre. Le Journal du Net cite ainsi l’exemple de Renault, qui a voulu fluidifier la circulation d’informations au sein de sa structure en misant sur le réseau social d’entreprise de type micro-blogging. Le but de cet outil est de compléter les usages BI en facilitant les échanges entre utilisateurs. Renault a également développé un portail de recherche qui centralise un grand nombre d’informations de l’entreprise, tout en les rendant plus aisément accessibles aux salariés.

Le décloisonnement : de la technique et du management

Michel Ezran, responsable RSE chez Renault, considère que la première étape pour élaborer efficacement un tel projet est d’avoir constitué des communautés internes assez influentes et dynamiques, composées de key people. Ce sont ces personnes qui seront alors habilitées à faire circuler les informations à travers toute l’entreprise et à dynamiser la démarche.

L’influence des réseaux sociaux a été particulièrement frappante pour encourager les entreprises à évoluer d’un environnement de travail en silos vers un environnement plus ouvert. Plus question pour l’architecte du Système d’Information d’avoir une approche uniquement en termes de contrôle de l’information et de « dossiers » séparés en fonction des services. Les standards du marché le pousse à se concentrer sur la fluidité du SI, en fonction des besoins métiers.

Néanmoins, les entreprises ne doivent pas considérer ce phénomène comme une contrainte mais plutôt comme une opportunité. Le décloisonnement des silos permet un fonctionnement plus transversal. L’impact sur la Business Intelligence et, au final, la prise de décision au niveau du salarié peut être particulièrement notable. Le collaboratif implique un changement de culture, un changement de réflexes organisationnels et la mise en place d’outils adéquats, mais les gains se situent là où l’entreprise à un intérêt constant : la productivité.

*Une organisation en silos se caractérise par un cloisonnement important entre ses différents services et départements. Elle implique une communication verticale et des difficultés à faire dialoguer les services entre eux. Par extension, un silo de données illustre le fait que les données relatives aux clients ou prospects, obtenues sur différents canaux, restent fragmentées et ne sont pas unifiées.

 

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