La Business Intelligence, traditionnellement réservée à quelques utilisateurs experts et à certaines directions dans les entreprises, s’est étendue  à de nombreux nouveaux métiers. La BI s’installe dans le quotidien de nombreux utilisateurs : c’est la diffusion du décisionnel à tous les niveaux de l’entreprise.

Jean-Luc Girot, directeur associé chez BearingPoint, un cabinet de conseil en business consulting, avancent plusieurs raisons qui expliqueraient la démocratisation de la Business Intelligence au sein des entreprises. Dans une tribune publiée dans le Journal du Net,  il estime que les innovations technologiques et l’augmentation de la puissance des terminaux ont largement contribué à améliorer les outils BI et à les rendre plus accessibles, notamment concernant les reportings financiers ou l’élaboration budgétaire.

En se basant sur les résultats d’une étude d’IBM, il explique également que les prises de décision nécessaires au bon fonctionnement d’une entreprise, ne doivent pas se baser uniquement sur des données internes et bien maitrisée. Il est de plus en plus nécessaire pour les décideurs de prendre en compte des données non-structurées et exogènes. De facto, les experts BI ne sont donc plus les seuls concernés par cette appétence plus large envers des données variées. Les métiers en sont venus à s’emparer naturellement des outils de BI, afin de répondre à leurs nouveaux besoins de compréhension de leurs données et d’aide à la prise de décision.


Des outils plus accessibles

Les éditeurs de logiciels ont accompagné le mouvement en simplifiant les interfaces et les accès à ces solutions, grâce aux technologies plus souples du web par exemple. L’immense majorité de ces nouveaux utilisateurs n’avaient pas de connaissances particulières en knowledge management* : il fallait donc faire prévaloir l’intuitif et la facilité de l’usage.

Ces dernières années, les salariés se sont donc emparés des outils de Business Intelligence pour leurs tâches quotidiennes, sans avoir besoin de formation particulière. Ce mouvement a en fait accompagné la démocratisation plus générale des canaux digitaux au sein de l’entreprise. Le consultant Alain Fernandez, formateur spécialiste du pilotage de la performance, parle à ce titre dans son blog d’une BI 2.0, moins axée sur des critères de compétences et de complexité d’outil.

Bien au contraire, il s’agit désormais de centrer la BI sur l’utilisateur-décideur : grâce à un accès facilité, à une meilleure visualisation des données et à l’affichage rapide d’indicateurs de performance, l’aide à la prise de décision s’installe à tous les niveaux de l’entreprise.

Toutefois, pour élaborer un dispositif décisionnel efficace, miser sur la qualité de l’interface ne suffit pas. Pour tirer bénéfice de cette démocratisation, l’entreprise va devoir se poser la question des silos qui la fragmente et qui peuvent rapidement nuire à la circulation de l’information et à la prise de décision.  La différence de vision entre les départements IT et les métiers ne doit pas constituer un frein : au contraire l’entreprise doit tout faire pour capitaliser sur cette BI accessible à tous et s’en servir comme d’une nouvelle source de valeur pour ses activités.

*La gestion de connaissances regroupe les techniques qui permettent la collecte, l’analyse et le partage des informations dans une organisation : la donnée brute ne suffit pas, il faut veiller à la transformer en une information à la qualité vérifiée et utile.

 

Pour en savoir plus sur ce sujet, lire aussi :

L’analyse de données se démocratise-t-elle ?

 

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