Associé à la mobilité et au big data,  l’Internet des objets  se connectant entre eux, va forcer les directions métiers à s’adapter à de nouveaux usages. En plein boom, le phénomène pose de nombreuses questions.

D’ici à la fin de la décennie, il y aura 50 milliards d’objets connectés*.  C’est en tout cas ce que stipule Viktor Arvidsson, Directeur de la Stratégie et des Affaires Réglementaires d’Ericsson France et du compte global France Telecom dans une interview de silicon.fr.  

Ce phénomène va multiplier par 66 le nombre de données mobiles cette année, selon Cisco Systems, spécialiste des équipements réseaux. Plus tard, une vingtaine de « smart houses » pourraient générer l’équivalent de données produites dans la totalité d’Internet en 2008, selon Jim Cicconi, vice-président de l’opérateur américain AT&T. Au programme donc, de nombreux nouveaux usages pour les consommateurs.

Mise à part les relais de croissance que les entreprises peuvent espérer de la multiplication de ces objets connectés, quels seront les conséquences sur les directions métiers des entreprises ? L’exemple de Nespresso illustre bien ce que pourrait devenir la CRM.

En effet, Nespresso Business Solutions en intégrant des cartes Sim à ses appareils destinés aux professionnels, a réussi à connecter ses machines à son centre de relation client. Ce procédé M2M* permet d’analyser l’état des machines à distance et d’organiser une maintenance préventive en fonction des besoins du client.

Le nombre d’applications de ce genre n’est pas prêt de baisser car beaucoup d’entreprises innovantes, spécialisées dans le M2M voient le jour.

Des plateformes M2M accessibles au grand public

C’est le cas de Sen.se, une plateforme dont le but est de recevoir des données et de les connecter à tout type de machine. Cette entreprise créée par Rafi Haladjian, fondateur à l’époque de l’un des premiers opérateur internet français, compte également innover et créer ses propres produits destinés au grand public.

De plus, elle souhaite mettre à disposition une plateforme open source qui sera ouverte aux ingénieurs R&D, aux développeurs, aux étudiants mais également aux métiers du marketing. Le but étant de favoriser la création de prototype. Si des professionnels du marketing décident de s’y mettre, il y a donc fort à parier que l’Internet des objets révolutionne complètement leur métier et plus généralement la relation client, comme la machine à vapeur a pu chambouler l’industrie.

Néanmoins, face à l’accélération de ce phénomène qui existe depuis plusieurs années, des questions d’éthiques se posent de plus en plus. En effet, ces objets communiquent entre eux, sur eux et aussi avec l’environnement qui les entoure. Ainsi, si des capteurs dans un véhicule analysent une panne et décide d’envoyer l’information au concessionnaire, celui-ci pourra géolocaliser rapidement son client. Vie privée et sécurité des données viennent donc mettre leur grain de sel dans l’équation. Les abus qui pourraient être provoqués par ces nouveaux usages sont donc étroitement surveillés

C’est pourquoi  Nelly Kroes, commissaire européenne chargée de la société numérique entend étudier le pour et le contre de ce phénomène surtout si le M2M passe par des réseaux satellitaires.

 

* On parle d’objet connecté lorsque celui-ci peut communiquer des informations à un autre objet. Il est alors question plus généralement d’Internet des objets et de solutions M2M (Machine-to-Machine).