Depuis la création de la mission Etalab le 21 Février 2011, la France se constitue « son propre Open Data ». Les entreprises n’ont pourtant pas l’air de réaliser l’importance de ce projet tant en termes d’enjeux que d’opportunités.

Le cabinet Lecko a réalisé une étude en Février 2012 sur l’Open Data et son importance dans la relation entre citoyens, entreprises et collectivités locales, preuve que ce phénomène touche le secteur privé autant que le secteur public.

Après les États-Unis et le Royaume-Uni, la France avec sa mission interministérielle « Etalab », développe son propre réseau d’Open Data. En effet, les citoyens exigent une plus grande transparence des données et veulent s’impliquer dans le développement de leur société. Mais pour les entreprises, quels sont les enjeux ?

A priori, l’Open Data ne concerne que les acteurs publics. Cependant, les entreprises vont devoir dépasser le stade de l’observation et anticiper ses enjeux. Par exemple, si une collectivité sous-traite une activité à une entreprise privée, des données seront produites sur l’Open Data local. Des données de l’entreprise pourront même devenir accessibles à tous, potentiellement à son insu.

C’est le cas de Suez Environnement , citée dans le livre blanc « Open Data : quels enjeux et opportunités pour l’entreprise ? » (novembre 2011) qui gère les services d’eau de plusieurs collectivités locales. Dans ce cas de figure, ces dernières produisent un nombre conséquent de données (données sanitaires, pluviométrie etc…) qu’elles partagent. En tant que déléguée, Suez Environnement se retrouve soumise aux mêmes contraintes que le secteur public en termes d’accessibilité des données (loi française de 1978 et directives européennes)

On peut rapidement faire le rapprochement avec le cas des SSII qui s’occupent de la sous-traitance informatique d’un grand éventail de clients, notamment des administrations publiques (école, mairie etc…).

Néanmoins l’Open Data ne doit pas être considéré comme une menace car même si le partage des données fait peur aux entreprises, cette tendance leur ouvre un grand nombre d’opportunités.

Une chance inouïe pour développer la relation client

L’enquête réalisée par Bluenove et BVA, auprès de 101 décideurs IT* en 2011, a servi de base à la rédaction du livre blanc pré-cité.

Elle révèle que 59 % de ces responsables de grandes entreprises pensent que l’ouverture de leurs données peut permettre d’améliorer leur notoriété et leur image innovante. D’une part, jouer la carte de la transparence permet d’aller dans le sens des attentes citoyennes, d’autre part ces entreprises se différencieraient alors de leurs concurrentes (ce que relève 55% des décideurs à ce sujet).

De plus, 63 % des répondants y voient également un moyen d’améliorer la satisfaction client.

Une entreprise pourrait ainsi tisser un réseau de partenaires innovants (Start-up, développeurs indépendants, universités, laboratoires d’opinions…) afin d’élaborer de nouveaux produits et services.

Le croisement des données est également un gisement de valeur pour l’entreprise. Marc Ribes, responsable programme Open Data pour Orange Business Services, cite également dans un article l’exemple de la start-up home’n’go qui propose de rechercher un logement en croisant données publics et critères de recherche des clients. Ces derniers peuvent donc retrouver facilement le prix au m², les bars, discothèques, clubs et associations à proximité, voir l’alignement politique de la commune. Où comment proposer de la valeur ajoutée pour les clients ! La réponse à ces attentes larges est un gage de satisfaction client.

Sur le blog Orange Business Services, Guillaume Petit, consultant senior Orange Consulting, va même plus loin que cette logique d’innovation de services. Il prend lui, l’exemple d’API (Application Programming Interface) ouvertes et gratuites mises à disposition par l’entreprise pour fédérer un écosystème de services qui sera à terme source de ROI. Et d’affirmer : « La logique d’ouverture aux données privées, n’est pas antinomique de la logique commerciale ».

L’Open Data ne doit donc pas être vu seulement comme une contrainte à laquelle les entreprises doivent s’adapter mais aussi comme une manière d’ouvrir de nouveaux aspects de la relation client.

 

*Directeurs R&D, Responsables innovation, Directeurs Marketing, Directeurs de la communication