AVIS D’EXPERT COHERIS – Maurice Belais, Directeur du Consulting chez Coheris et chargé d’enseignement en marketing et CRM à HEC et à l’IAE, nous fait partager sa vision du Big Data dans les entreprises et fournit les clefs de leur adaptation.

Big Data – « Face à l’abondance d’informations, l’entreprise doit gérer la rareté »

Comment définiriez-vous l’influence du Big Data sur les entreprises aujourd’hui ?

Nous croulons littéralement sous l’abondance d’informations. Ces informations viennent du téléphone, de l’internet, des réseaux sociaux, de l’entreprise…  L’abondance de données est devenue une réalité qui croît de manière exponentielle : ce mouvement qui s’accélère est devenu une tendance lourde de notre société, qui impacte les relations BtoB, BtoC ou CtoC.

Cette abondance provient évidemment des connexions et  interconnexions de plus en plus poussées qui existent entre les personnes. Ces connexions ne sont pas sans ambiguïté. Un flou s’est installé où se mêlent l’intimité réelle et la simple « proximité de réseau ».  Ce flou est entretenu par l’augmentation de la vitesse dans laquelle nous vivons. Les connexions sont rapides : l’instantané est un étalon.

Le Big Data, c’est l’ensemble des données collectées, stockées qui provient de multiples sources qui prend ses racines dans la multiplicité de connexions instantanées.

Quel impact cela a-t-il ?

Cette vie dans l’instantané occulte en partie l’observation des tendances de fond. Entre la temporalité très courte, l’immédiateté, et la réflexion sur le long terme, nous avons perdu le sens du temps et de la réflexion.

Les personnes sont de plus en plus dans la réaction et ont des difficultés à être dans l’action.

Quels sont les défis à relever ?

Il existe à mon sens 2 challenges :

D’abord, l’enjeu pour les DSI est de pouvoir collecter et stocker un volume d’information toujours plus volumineux. Au-delà du stockage, il s’agit de rendre accessible ces informations pour en permettre une analyse : le rôle des analystes sera de simplifier ces informations et d’en déduire un sens métier afin de permettre la prise de décision.

Le 2e défi est la simplification de l’information. Simplifier, c’est enlever ce bruit de fond qui accompagne le véritable message. Cette simplification dépend du but poursuivi : développement commercial, notoriété, segmentation, typologie…

Dès lors que la simplification des informations est aboutie, il faut la résumer pour la rendre accessible et interprétable à toute personne qui en a besoin pour décider.

Tamiser et agglomérer, voilà les deux nouvelles taches du SI.