Avec l’apparition des data miners, les e-commerçants français ne se contentent plus de faire passer des messages clés sur internet. En faisant parler les données, ces spécialistes d’un autre genre bouleversent totalement le CRM.

Les boutiques onlines ont un désavantage par rapport aux boutiques réelles, elles n’ont aucun contact physique avec le client. Il leur est donc particulièrement difficile de lui proposer un service complémentaire. De plus, ce dernier peut renoncer à tout moment à l’acte d’achat en un simple clic !

Pour répondre à ces défis, le data miner, en français « fouilleur de données », va analyser certains paramètres afin d’adapter le contenu au consommateur. Il peut également savoir à qui adresser les messages marketing en analysant et en croisant plusieurs types de données, par exemple le temps passé sur une page web, l’hébergeur d’adresse mail, etc. Bref, le data miner fore pour obtenir ce qui est devenu l’or noir des entreprises : la connaissance client.

« Nous sommes dans cette culture de la data avec une information portée par un cookie[…] Tout ce qui tournera autour du cookie et de son utilisation intelligente créera de la valeur ajoutée », explique par exemple Sébastien Pallioux, manager e-acquisition chez Air France, lors d’une interview au Journal du Net.

De plus en plus de sites internet emploient ces professionnels afin d’analyser les comportements des visiteurs en ligne. Le métier de data miner est devenu stratégique pour les professionnels de l’e-commerce. « Les sites qui déploient les meilleures pratiques en matière de connaissance du client affichent des taux de croissance annuels moyens significativement supérieurs », souligne Eric Hazan, directeur associé de McKinsey, dans une information citée par La Tribune.

Actuellement, les e-commerçants ont plusieurs défis. Premièrement, ils doivent miser sur l’hyper personnalisation des stratégies de communication. Le bon message, à la bonne personne, au bon moment. Le challenge est de taille, en particulier sur les réseaux sociaux. Les data miners sont capables d’apporter des réponses, alors que le consommateur social dépense plus d’argent que les autres pour sa marque et que plusieurs études ont démontré que la publicité sur Facebook était susceptible d’élargir les communautés d’internautes accessibles pour les entreprises (voir l’article « Les entreprises continuent à sous-estimer le potentiel du Social CRM »).

Une pénurie de talents pour ces scientifiques des données

Mais les e-commerçants vont également devoir pallier au déficit d’hommes et de compétences. Le métier est exigeant et demande à la fois des casquettes d’analystes et de marketeurs. Outre-atlantique, les entreprises auront d’ailleurs bientôt besoin de 140 000 à 190 000 data scientists supplémentaires afin d’anticiper l’augmentation du trafic Web et la vague Big Data.

Comme l’a expliqué Didier Gaultier, directeur du développement SPAD et Datamining chez Coheris, lors d’une interview pour Locita.com au salon Time to Market, les processus d’analyse et de collecte de données comme le Datamining sont les meilleurs moyen d’analyser le comportement des consommateurs et d’obtenir un ROI saisissant.

Un raisonnement corroboré par celui de Sébastien Pallioux qui explique le passage progressif du CRM traditionnel au « Cookie Relationship Management ». En quelques années, les data miners sont devenus les cartes maîtresses des entreprises, notamment de l’e-commerce.