Le Big Data : tendance incontournable ou effet de mode ? Au-delà de cet éternel débat, c’est la question de l’écart de maturité sur le sujet entre services informatiques et métiers qui se pose.

En 2012, les solutions d’analyses des données à grande échelle commencent à tenter fortement les entreprises. Selon le Big Data Index réalisé par le cabinet d’études IDC pour EMC, 60% des entreprises interrogées utilisent ou prévoient d’utiliser des technologies Big Data. Pour 75% des responsables informatiques, ce sujet est considéré comme particulièrement important dans leur agenda professionnel. Pourtant, malgré cela, 70% des responsables étude/BI  interrogés affirment qu’à leur connaissance, aucune initiative n’a été prise dans leur structure, concernant le Big Data.

Ce n’est pas nouveau : quand il est question de Big Data, certains estiment que le phénomène est simplement le fruit d’un matraquage marketing sur l’explosion des données. D’autres considèrent que cette notion représente un défi qui pourrait devenir menaçant pour l’entreprise, laquelle pourrait obtenir des résultats faussés si elle ne contrôle pas les flux de collecte d’informations. En bref, beaucoup font remarquer que les entreprises ne se sont pas encore vraiment emparées de la question.

Un Big Data au service des métiers ?

Au-delà des questions de volume de données et de stockage, certains insistent donc sur l’importance de bien l’orienter au niveau des usages, vision que partage Mark Lee, manager chez Solucom. D’après lui, il y a peu d’intérêt à adopter un système « Big Data » pour accroître la capacité analytique de l’entreprise, alors même que ses outils Business Intelligence classiques sont largement suffisants pour répondre à ses besoins. Un outil qui permet la prise en compte spécifique du Big Data n’est nécessaire que s’il est vraiment utile dans une optique métier, en compensant d’éventuelles limites en termes de volume, vitesse et variabilité des données, d’autres outils.

Malheureusement, cette 1ère édition du Big Data Index montre qu’il existe un important écart de maturité entre les DSI et les entités métiers en ce qui concerne le Big Data. Ainsi, 77% des équipes infrastructures estiment que le Big Data n’est en aucun cas un sujet intéressant pour leur entreprise et 73% n’y voient aucun bénéfices. Bien souvent, les différents métiers de l’entreprise n’ont même pas conscience de ces problématiques et se contentent de constater des évolutions de besoins au quotidien, sans pour autant les associer à un concept plus général de « Big Data »‘. D’après l’étude, un bon tiers des entreprises interrogées en sont donc même venues à commencer à répondre par endroits aux enjeux Big Data, sans en avoir conscience.

De manière générale, plusieurs zones d’ombres subsistent dans la notion de Big Data, trop souvent assimilée à la seule explosion des données. Les entreprises ont ainsi tendance à trop se focaliser sur l’analyse des quantités, alors que la valeur des données est bien souvent beaucoup plus primordiale pour la stratégie de l’entreprise. Il est même fréquent que les entreprises n’aient pas besoin de capter les informations venues de l’extérieur : apprendre à donner une véritable valeur business à toutes les données dont elles disposent en interne représente déjà un défi qui mérite d’être relevé !