La croissance du budget des DSI est faible comparé à l’augmentation du trafic de données. Ce phénomène, nommé Data Deluge Gap, peut s’avérer être un frein à l’amélioration de la performance des applications métiers, dont les entreprises ont besoin pour rester compétitives.

De nos jours, les utilisateurs professionnels sont devenus plus exigeants concernant la qualité d’une application métier. Cependant, ils ne réalisent pas toujours la complexité de l’environnement informatique auquel les DSI sont sans cesse confrontées pour assurer la fluidité des processus métiers.

Selon un récent sondage de LSI, SSII spécialisée dans le stockage et l’intégration de données, mené auprès de 400 Datacenter managers européens, 93 % des répondants affirment que l’optimisation des performances applicatives pour leurs datacenters et leurs réseaux est un objectif primordial. Malheureusement, les besoins en capacité de stockage et de réseau augmentent de plus de 30% par an alors que le budget alloué aux DSI ne progresse que de 7% dans le même temps.

Résultat, 75% des personnes qui souhaitent améliorer la performance de leurs applications ne pensent pas pouvoir atteindre cet objectif. De plus, 25% d’entre elles affirment que ce manque de performance des applications entraîne une perte de revenus importante.

L’optimisation des capacités de stockage et de réseau est un défi majeur pour les DSI 

Pour accélérer la performance de leurs applications, les professionnels s’intéressent de plus en plus aux solutions de stockage flash*. Selon un article paru sur Le Monde de l’Informatique en mai dernier, l’année 2012 a connu une explosion de ce type de solutions. Certaines permettraient d’allonger de 5 ans la capacité de stockage et de réseau des entreprises.

Cependant, elles s’avèrent encore trop onéreuses pour être diffusées auprès des entreprises à grande échelle. Existe-t-il d’autres moyens plus économiques qui permettent d’améliorer la performance des applications métiers ? La gestion de la consommation MIPS (million d’instructions par seconde – mesure de la performance d’une application) est une piste intéressante.

Le MIPS Management, une méthode moins onéreuse pour les entreprises

La société Compuware, éditeur de solutions d’améliorations de performances pour les applications métiers, a publié un livre blanc intitulé « MIPS Management Best Practices », afin de partager les bonnes pratiques en termes de MIPS Management. Elle défend ainsi cette méthode en la conseillant aux entreprises qui disposent de peu de moyens : pour faire simple, il s’agit avant tout d’optimiser la performance en réduisant les besoins en matériels inutiles à l’entreprise.

Le MIPS Management touche plus généralement  la question de la performance du Mainframe (architecture autour d’un puissant ordinateur qui gère de façon centralisée toutes les applications métiers de l’entreprise). Dans beaucoup de cas, et malgré l’évolution des principes d’architectures informatiques, les entreprises sont dépendantes de cette performance pour leurs applications métiers. Et d’après Le Monde de l’Informatique, qui a publié les chiffres d’une étude du cabinet Vanson Bourne, il s’avère que seuls 36% des DSI françaises sont capables d’évaluer le coût de la maintenance corrective et évolutive des applications mainframes. Dans bien des cas, l’informatique « lourde » soulève donc des questions sur les choix d’avenir des DSI vis à vis des performances applicatives.

D’autant plus, alors que dans un monde ou le client est de plus en plus exigeant, les ralentissements ne sont plus tolérés sur les applications. En moyenne, 8 secondes de temps de réponse est un seuil critique nous apprend le livre blanc de Compuware. Force est de constater que les habitudes prises avec l’usage « grand public » d’Internet, impactent lourdement les attentes de tout un chacun.

Il y a de grandes chances, par ailleurs, que la question critique des performances applicatives s’amplifie avec la multiplication des applications mobiles (voir l’article « La Mobile Apps Mania bouleverse les stratégies multicanales conventionnelles »). Et, sans le dire, on attend souvent des DSI qu’elles apportent des réponses à ces nouveaux enjeux.

*Solutions de stockage à semi-conducteurs similaires aux mémoires flash présentes dans les balladeurs MP3 et appareils photos numériques. Elles agissent comme une mémoire vive mais ne perdent aucune donnée lorsque l’appareil cesse de fonctionner.