Les entreprises cherchent toujours à mesurer l’impact potentiel du Big Data sur leurs activités. Leur prochain véritable enjeu pourrait cependant être beaucoup plus humain que technique : la recherche de profils polyvalents mêlant compétences marketing, informatiques et scientifiques. 

Selon l’étude « L’optimisation de la relation client à l’ère du marketing digital et des réseaux sociaux – France, 2012-2014 », de Markess, 52% des entreprises emprunteront les canaux digitaux pour leurs interactions clients en 2014, 150 milliards d’objets peuvent potentiellement se connecter à internet à l’aide de carte SIM, alors que dans une dimension plus générale 90% des données actuelles ont été générées durant ces deux dernières années. Nous allons subir un data-tsunami durant ces prochaines années. Comment les entreprises comptent-elles anticiper ce phénomène ?

La récente étude « de l’information à la prise de décision : nouveaux modes d’accès et d’analyse pour la performance du business – France, 2012-2014« , du même cabinet, a démontré de son côté que  les entreprises françaises préfèrent optimiser leurs processus décisionnels classiques mais admettent avoir beaucoup de mal à traiter les données. Pourtant, les décideurs d’entreprises prévoient une hausse de 2% des budgets liés au décisionnel, en partie sur des projets Big Data. Ces décideurs savent très bien que leurs entreprises ne manquent pas spécialement d’infrastructures et de solutions logicielles.

La guerre des talents

En réalité, le problème des entreprises risque de se situer au niveau des compétences et de la culture de données. D’une part le profil d’architecte des données, permettant de se positionner sur la collecte en fonction de tel ou tel besoin se fait rare, proportionnellement à la demande qui augmente. D’autre part, les entreprises recherchent de plus en plus de profils décisionnels ayant à la fois une culture CRM, informatique et de compréhension statistique des données.

«Que ce soit dans la grande distribution, chez les opérateurs télécom ou dans le secteur public, on voit poindre un intérêt pour ces profils d’analystes BI ou Big Data à triple culture, informatique, modélisation mathématique et culture économique au sens large, qui n’auront pas forcément la même image que les traders, mais sont promis à un bel avenir », stipule Mouloud Dey, directeur business solutions chez SAS, cité dans un article du Mag IT.

En tout cas, outre-atlantique, les entreprises se livrent déjà une guerre des talents avec une « armée » d’environ un million et demi de managers et 190 000 professionnels qui proviennent des métiers du décisionnel, et dont beaucoup seront les data scientists de demain. Les salaires sont revus à la hausse, afin d’attirer les talents du monde entier, notamment les français réputés pour leurs compétences en statistique et en mathématiques financières. Au total, 20 000 à 30 000 professionnels de l’hexagone seraient concernés.

En soi, le niveau des compétences n’est donc pas en cause. Des opportunités existent. C’est plutôt la différence entre la demande des entreprises pour ces profils spécifiques et l’offre des jeunes diplomés et des experimentés qui risquent de créer des frictions. De plus en plus, nous assistons donc à une anticipation de cette hausse des budgets décisionnels, avec un lien visible à la réthorique Big Data.

Au-delà de ses aspects marketing et des discussions stratégiques sur son impact pour le business de l’entreprise, le phénomène est en tout cas porteur d’un renouveau et de portes qui s’ouvrent pour les métiers de la BI et plus généralement de l’analytique.