Le Cloud se démocratise et les opportunités se multiplient. Certaines entreprises continuent de se méfier de cette approche. Toujours en cause, la sécurité et la fiabilité de l’accès aux données.

Tour à tour, ce sont les avantages de compétitivité, d’efficacité énergétique, d’évolutions des usages métiers qui sont mis en avant quand le Cloud arrive sur la table. Entreprises, particuliers, organismes publics… tous devraient être potentiellement intéressés.

Les usages quotidiens, comme la synchronisation et sauvegarde des e-mails et contacts à partir d’un téléphone ou de services web, viennent immédiatement à l’esprit. Certains y voient des opportunités plus pointues. Le site généraliste Atlantico.fr détaille les « opportunités alléchantes » que pourrait offrir le PaaS (Platform as a Service, l’un des modèles du Cloud), notamment pour les ISV (éditeurs de logiciel indépendant) : écrire les codes plus rapidement, développer un projet applicatif « en quelques minutes »…

Des idées plus audacieuses, voire futuristes existent aussi. On apprenait par exemple fin février que l’armée des Etats-Unis elle-même comptait mettre à profit la technologie cloud pour se doter d’ un nuage anti-cyberattaques. Cet environnement devra être capable de remarquer automatiquement les comportements suspects et d’y mettre un terme.

Le cloud deviendra-t-il donc rapidement proactif et « intelligent » ?

Circonspection et couacs

Cette orientation nous rappelle que la sécurité et la fiabilité restent encore et toujours les deux préoccupations majeures exprimées par les entreprises.

En Europe par exemple, une récente étude portée par Dell et Intel auprès de 1150 PME, apporte un chiffre révélateur : 85% de ces entreprises émettent des craintes quant à leur utilisation du cloud. La sécurité et la confidentialité arrivent en tête de ces réserves (respectivement cités par 28 et 20% des acteurs), rapidement suivies par les questions liées aux performances et à la disponibilité des données (14 et 12%).

D’après le magazine l’Usine Nouvelle qui interrogeait sur le sujet le responsable de la stratégie Data Center chez Intel, Stephan Hilby, ces préoccupations se retrouvent aussi chez les grandes entreprises. L’une des conséquences cité par la firme américaine est que si le Cloud est appelé à se développer, il le fera d’abord par l’intermédiaire de serveurs gérés en interne par les entreprises. Un moyen de ne pas perdre trop vite la main sur leurs données.

L’avenir du Cloud se dévoile donc de plus en plus, mais certaines entreprises vont encore avoir le droit à quelques frayeurs.

Exemple qui peut illustrer les craintes évoquées en termes de disponibilité, le célèbre cloud de Microsoft, Windows Azure, a connu une panne exceptionnelle pour le dernier jour du mois de février.

En cause… l’année bissextile. Le détail serait amusant s’il n’avait pas conduit le géant Microsoft a réagir en urgence et à s’excuser publiquement face au conséquence d’inaccessibilité des serveurs, provoqué par un bug logiciel.

Dans un monde qui insiste chaque jour un peu plus sur les dimensions d’immédiateté et de fiabilité, il est certain que ce genre d’événement sera observé avec attention par les professionnels quand ils décideront à leur tour d’entrer totalement le nuage.