De la brosse à dents à la porte d’entrée en passant par la bouilloire connectée, notre environnement est en passe de devenir ultra connecté dans des secteurs aussi variés que l’habitat, la santé et le bien être, les transports…

Le marché mondial pourrait peser 1 700 milliards de dollars avec plus de 50 milliards d’objets connectés en 2020, plaçant la France au 3eme rang.

Tendances du marché

Les technologies « prêt à porter » ont le vent en poupe : montres, bracelets et vêtements seront connectés. Sur les plages, il existe déjà un bikini intelligent capable de prévenir celle qui le porte du rayonnement UV et de la nécessité ou non d’appliquer une protection solaire.

Le quantified self – tendance apparue en 2007 – consiste à tout mesurer dans le but de s’auto évaluer : nombre de pas effectués dans une journée avec un bracelet ou nombre de calories ingérées grâce à une assiette connectée.
Côté santé, les applications à l’image de Dexcom pour Apple Watch explosent, destinée à mesurer le taux de glucose dans le sang des diabétiques. A ce titre, qu’en est-t-il du secret professionnel et des données sensibles qui transitent vers Health, plateforme sécurisée et ouverte au corps médical ?

Quel cadre juridique face à l’expansion de ces objets connectés ?

Une nouvelle réglementation sur les données personnelles a été adoptée mi juin 2015 par les ministres de la Justice et de l’UE. Pour Axelle Lemaire, Secrétaire d’état au numérique « Les robots, les drones, les objets connectés sont à terme bénéfiques pour tous. Il faut en renforcer l’utilisation dans les métiers du droit. »

Dans cette ère du tout numérique, des questions se posent : à qui appartiennent les données, où sont-elles stockées, comment éviter le vol d’identité ? Comment s’assurer que les éditeurs d’applications ne revendent pas les données aux compagnies d’assurance dans une optique d’évaluation du risque client ? La collecte de ces données permet de livrer aux marques quantité d’informations sur le profil des utilisateurs et de tracer leurs habitudes et comportements.

Les mesures à prendre peuvent s’orienter vers les conditions générales d’utilisation, pour prémunir le fabricant et le consommateur de la mauvaise utilisation d’un produit ou service. Prenons l’exemple d’une smart clé permettant d’ouvrir la porte d’entrée de son appartement sans les mains. Une petite révolution quand on a les bras chargés de courses… Alors quid de la sécurité en cas de défaillance du système ? Qui est responsable en cas d’intrusion et de cambriolage ?
En écho à ces interrogations, fin juillet deux hackers américains ont pris le contrôle d’une Jeep à distance (activation des essuies glaces, coupure du moteur…), entrainant une réelle prise de conscience autour de la sécurité des objets connectés. La conférence Black Hat qui s’est tenue à Las Vegas il y a quelques jours a souligné le fait que les fabricants ne disposent pas d’équipes dédiées à la sécurité des objets et que les stratégies liées à ces problématiques sont quasi inexistantes. Enfin, les logiciels de ces objets ne sont pas mis à jour régulièrement, laissant le temps aux hackers de trouver les failles des systèmes électroniques.

Et les drones dans tout ça ?

Leur utilisation peut être professionnelle ou à titre de loisirs. La loi interdit le survol de propriétés privées et la prise de photos sans autorisation pour ne pas s’exposer à d’éventuelles « mises en danger de la vie d’autrui » ou « violation de la vie privée ». A ce jour, un projet de loi de la DGAC vise à renforcer les règles liées au pilotage de drones.

Si les objets connectés portent une démarche d’amélioration continue ou une visée préventive, ils représentent également un canal de collecte de données ultra segmentées. C’est pourquoi des initiatives juridiques se mettent peu à peu en place pour protéger la vie privée des utilisateurs. En France, des offres d’assurances basées sur le modèle « pay how you drive » ou « usage-based insurance » pourraient bien se développer. Elles permettraient de calibrer le contrat du client en fonction de son comportement au volant ou du suivi de son état de santé, et de lui attribuer ou non un bonus. En attendant, l’information et la transparence entre fabricants et utilisateurs semblent être des clés pour prémunir chacune des parties.