Arnaud Libert,  Responsable Grands Comptes France sur les marchés Forces de Vente et Santé  de Panasonic, présente un point de vue constructeur sur les outils nomades. Il revient aussi sur la mode des Tablettes.

Quelle est l’approche de Panasonic en ce qui concerne les forces de vente nomade ?

Le message de Panasonic est : « Vous allez vous libérer des machines et ne pas y penser, pour vous concentrer sur vos métiers ». Répondre aux 4 questions de robustesse, d’autonomie, d’ergonomie et d’accès aux données pour les opérations de terrain, impacte l’entreprise dans son ensemble. En respectant ces points, c’est finalement le coût d’exploitation qui baisse sensiblement.  Notre intérêt bien évidemment, c’est que si pendant 3 ans, tout se passe bien avec notre client, nous savons qu’il signera à nouveau pour 3 ans de plus. Tout le monde y gagne.

Au-delà de la dimension technique, à quels autres défis êtes-vous confrontés ?

Optimiser tous ces éléments rend forcément le matériel onéreux. Le pendant à cet aspect doit donc être la qualité du service. Il faut que le SAV soit aussi fiable que le matériel lui-même pour qu’il y ait un sens à ces améliorations. Le but est de limiter les contraintes. Une fois que le matériel est déployé, la satisfaction du client vient aussi de cet aspect.

Nous sommes donc à la fois face aux attentes des commerciaux, des DSI, mais aussi des Directions des Achats… Pour que tout se passe bien, il faut éviter de créer des situations problématiques sur toute la durée de vie du produit.

Quand on parle de mobilité actuellement, la référence principale qui revient, ce sont les tablettes. Comment abordez-vous ce point chez Panasonic ?

Nous sommes confrontés à cette question depuis plus d’un an environ. Si nous confrontons les tablettes aux quatre critères que nous avons abordés précédemment, il advient qu’il s’agit plus d’un outil nomade « pour la maison » ou « sur un site fixe ». Les questions de robustesses et d’autonomie (rechargement) se posent avec force en environnement contraignant. Les écrans souffrent des contraintes de luminosités extérieures et de leur fragilité. La problématique des connectiques d’entrées, pour le populaire rechargement sur allume-cigare par exemple, se pose aussi.

Le plus gros problème à l’heure actuelle reste la sécurité des données. L’actualité nous a prouvé qu’une tablette est « piratable » à cause de son OS. Sur des données sensibles, auxquelles un commercial à accès, dans un cadre très concurrentiel, un vol peut être une catastrophe pour l’entreprise. De plus, les OS ne sont pas encore vraiment compatibles avec toutes les applications métiers et les applications des entreprises. Les DSI sont réticents car ils imaginent bien les difficultés pour gérer cela.

Il est normal et compréhensible que la Direction Commerciale apprécie les tablettes comme un bel outil, notamment dans une logique de présentation aux clients, mais les mêmes questions ne se posent pas pour les DSI.

Cependant, ce sont des questions auxquelles il faut essayer de répondre : Panasonic va donc commercialiser la 1ere tablette en mode très durcie « Tough Pad » en ajoutant une dimension supplémentaire de sécurisation des données.

Est-ce que suivre ces changements est difficile pour un constructeur ?

Nous essayons de répondre aux remarques des professionnels, afin  d’être capable d’appliquer ces nouveaux critères en opérationnel. Ils doivent toujours être améliorés, mais ce n’est pas simple pour le constructeur. En agissant sur l’un des curseurs, c’est souvent les autres éléments qui doivent être modifiés dans le même temps. Un exemple : des processeurs plus puissants, chauffent plus et demande une batterie plus lourde…

Notre référence actuelle est un outil pesant 1kg, avec plus de 10h d’autonomie et dont l’écran doit pouvoir résister à 100kg de pression (le bris d’écran étant  la première cause de casse des outils mobile)

Les technologies doivent être suivies avec attention car elle change de façon profonde rapidement. Rien ne dit que dans 4 ou 5 ans nous travaillions avec un modèle de batterie comme celui que nous connaissons actuellement.

Mais le constructeur n’est pas seul. L’éditeur est lui-aussi confronté à ces problématiques, à son propre niveau. Il doit développer ses outils et solutions de son côté en fonction de cela et les adapter aux nouvelles logiques : le Temps réel, le tactile…