Small, big ou open, la data – or noir du XXIe siècle – est partout. Au quotidien, dans la sphère publique ou privée, individus et entreprises sèment des milliers de données à travers leurs faits et gestes. L’open banking se penche sur le fait de les récolter pour les réutiliser. Découvrez 5 raisons pour lesquelles les banques ont intérêt à prendre le chemin de ce buzzword tendance.

1-A l’origine, une directive européenne

L’open banking s’inscrit dans le mouvement de l’encadrement des données et face à l’entrée en vigueur en 2018 du DSP2 (Directive sur les services de paiement). Cela signifie que les banques mondiales vont devoir ouvrir leurs données à des tiers, au moyen d’API (interfaces de programmation). L’enjeu est de permettre à d’autres acteurs et partenaires d’accéder à des données bancaires clients de masse en vue de développer des applications et outils. L’univers bancaire évolue en s’orientant vers une démarche collaborative qui n’appartient pas à sa culture. Et laisser ainsi une porte ouverte à un marché hyper concurrentiel.

2-Vers des données toujours plus « open »

Dans un espace mondial toujours plus propice au partage avec les réseaux sociaux et communautés d’utilisateurs, on se rend compte que tout s’échange : conseils et bonnes adresses, recettes, playlists et même compétences métier… Internet est devenu un vaste espace collaboratif et interactif. L’ouverture des données n’est pas un phénomène nouveau, à la différence près que les marchés s’ouvrent peu à peu un à un. C’est pourquoi l’open banking doit être envisagé comme un projet gagnant-gagnant entre banques et clients. En ouvrant leurs données, les banques pourront prochainement proposer des produits et services mieux adaptés à leurs besoins et attentes.

3-L’ouverture de données sensibles

Tout comme pour les données liées à la santé, les données bancaires sont sensibles. Elles touchent directement à l’individu, son mode de vie, ses achats quotidiens, ses postes de dépenses ou encore biens immobiliers. Les données bancaires sont intrinsèquement liées à la vie privée des clients qui peuvent se retrouver en situation d’interdit bancaire, endettement… ce qui soulève des questions éthiques. L’open banking est un levier pour dresser des catégories de clients, les segmenter, classer ceux dits « à risque » et évaluer leur valeur en quelques clics. Il est donc primordial que les banques mettent l’accent sur la sécurité des données pour préserver l’anonymat de leurs clients.

4-Une opportunité pour les startups

Au même titre que les foodtech (fourchette connectée capable de quantifier le nombre de calories ingérées au cours d’un repas), les fintech se multiplient pour offrir des services toujours plus puissants, tels que les robots advisors. Aujourd’hui avec l’open banking la porte s’ouvre aux startups expertes en nouvelles technologies souhaitant s’implanter sur le secteur financier. La sécurité des systèmes bancaires de demain bâtie sur des business model innovants reste à construire ; notamment à travers l’accompagnement des projets au sein d’incubateurs appartenant à des groupes bancaires mondiaux. La France trouvera peut-être demain parmi toutes ses pépites le BlaBlaCar de l’open banking.

5-Un moyen de lutte contre la fraude ?

Et si l’open banking devenait un levier de lutte contre la fraude ? Ce vaste sujet est régulièrement remis sur le devant de la scène par le gouvernement et les organismes de protection sociale. Prenons l’exemple d’oublis répétés et volontaires de déclarations d’un bénéficiaire auprès de la CAF (Caisse d’allocations familiales), au regard de prestations logement qui lui sont versées. Ceci grâce à l’open data et de ses données ouvertes via le site datacaf.fr (mise à disposition de jeux de données macro sur les allocataires, leur profil, leur zone géographique…). De manière générale, à l’aide de l’open data et de l’open banking, les organismes pourront peut être mieux contrôler le versement des prestations aux bénéficiaires qui en nécessitent vraiment grâce au croisement des données et ce, pour une meilleure justice sociale.