En 2016, l’industrie pharmaceutique pesait 941 milliards de dollars dans le monde et la France se situait en seconde position sur le marché européen*. Avec plusieurs leaders mondiaux qui se partagent le marché, les laboratoires dépensent des sommes colossales en R&D pour créer de nouveaux produits. En parallèle, ils doivent gérer les scandales de santé publique qui les touchent et faire face à leur détracteur, tout en jouant la carte de la transparence envers les consommateurs. Les contours d’un nouvel horizon nommé pharma 3.0 se dessine, pour une meilleure écoute et connaissance client.

Zoom sur la pharma 3.0

Le monde de l’industrie pharmaceutique doit se réinventer pour affronter les problématiques qui lui sont propres. Bien que ce marché soit représenté par de nombreux acteurs : laboratoires, forces de vente, professionnels de santé (médecins, soignants, pharmaciens…), l’information adressée au patient est capitale. Pour ce faire, des solutions se mettent en place afin de positionner le patient au cœur des dispositifs de soin, pour un suivi interactif en temps réel et une meilleure communication entre tous les intervenants.

Cap sur le patient

Afin de mieux contrôler les effets d’un médicament ou de suivre le traitement d’un patient, les laboratoires et pharmaciens ont la possibilité de tracer de manière très fine ses effets. C’est aujourd’hui possible grâce aux nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l’information et des sciences cognitives (NBIC). Les données d’un tensiomètre sont par exemple transmises à la fois au patient pour qu’il puisse suivre ses métriques, mais aussi au pharmacien. L’enjeu, à travers la pharma 3.0, est de suivre l’évolution de l’état de santé du patient et l’accompagner au quotidien.
Les données ainsi collectées permettent de déployer des actions en collaboration avec le patient et réagir immédiatement, sans attendre que le patient aille consulter, voire que son état se dégrade. Face à cela se posent des questions éthiques liées à ces données, dites sensibles. Où et comment sont elles stockées ? Pour quel(s) usages(s) ?
Sur le terrain, la toute première pharmacie 3.0 de France a ouvert il y a un an dans la région lyonnaise. Une pharmacie épurée, spacieuse, dénuée de PLV dans des allées encombrées. Le client circule d’un univers produit à l’autre facilement, comme dans tout autre commerce, avec pour nouveauté le conseil et l’écoute, qui lui sont pleinement consacrés.

La prévention, une réponse en amont

Au delà de la prévention santé menée par les institutions publiques et les organismes de protection sociale, les laboratoires mesurent l’intérêt de la prévention. Le laboratoire Bayer a par exemple récemment créé l’accélérateur de startups berlinois Grant 4 apps, en soutien à des porteurs de projets de produits et services innovants autour de la santé. C’est également pour eux l’opportunité de repérer et impulser de jeunes pousses spécialisées dans les healthtech, telle que l’analyse prédictive. Ces solutions permettront, à termes, d’optimiser l’efficacité d’un médicament et/ou ses effets secondaires ou encore de réduire la consommation d’un médicament auprès d’une population cible à l’aide d’actions préventives menées en amont.
Pour conclure, on peut citer à juste titre Roger Simard, Chercheur canadien et précurseur du concept pharma 3.0 « Un patient informé est un patient en meilleure santé ». Les professionnels de santé et plus précisément les pharmaciens vont devoir ajuster leur mission pour devenir, dès demain, de réels coachs. Et représenter ainsi un maillon encore plus important au coeur des dispositifs de soin.
Source : Les entreprises du médicament